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Libros antiguos y modernos

Victor Segalen

Mon cher petit frère pour te montrer que ce n'est pas seulement en noircissant du papier à ton adresse que je pense à toi, je te soumets, entre autres, un projet d'établissement immédiat. • Double lettre autographe adressée à Emile Mignard

1903

no disponible

Feu Follet Librairie (Paris, Francia)

no disponible

Formas de Pago

Detalles

Año de publicación
1903
Lugar de impresión
Tahiti
Autor
Victor Segalen
Formato
11.20 x 17.60 cm
Materia
Voyages & Horizons lointains|Océanie
Descripción
en feuilles
Copia autógrafa
Primera edición

Descripción

Tahiti [Tahiti] 25 mars & 5 avril 1903 | 11.20 x 17.60 cm | 6 pages sur un double feuillet et 1 feuillet simple | [ENGLISH DESCRIPTION ON DEMAND] | Double lettre autographe de Victor Segalen adressée à Emile Mignard. Six pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet et un feuillet simple. Pliures transversales inhérentes à l'envoi. Emile Mignard (1878-1966), lui aussi médecin et brestois, fut l'un des plus proches amis de jeunesse de Segalen qu'il rencontra au collège des Jésuites Notre-Dame-de-Bon-Secours, à Brest. L'écrivain entretint avec ce camarade une correspondance foisonnante et très suivie dans laquelle il décrivit avec humour et intimité son quotidien aux quatre coins du globe. C'est au mariage de Mignard, le 15 février 1905, que Segalen fit la connaissance de son épouse, Yvonne Hébert. Emouvante lettre du jeune médecin à son « petit frère » dans laquelle il tente de le faire venir auprès de lui. Segalen se trouve maintenant en Polynésie depuis deux mois. Bien qu'il jouisse des plaisirs tahitiens, son meilleur ami lui manque et il l'enjoint à venir le rejoindre : « Mon cher petit frère pour te montrer que ce n'est pas seulement en noircissant du papier à ton adresse que je pense à toi, je te soumets, entre autres, un projet d'établissement immédiat. [.] Le Gouverneur de Tahiti a demandé en France, par le précédent courrier, des médecins de renfort pour les îles Gambier, l'archipel de la Société et les Pomotous. Ces médecins seraient en même temps administrateurs. [.] Ils seraient pris de préférence parmi les médecins des colonies ou de la marine, mais aussi - avec demande du gouverneur, et ce serait le cas pour toi - parmi le civil. Solde : celle d'un médecin des colonies à 2 galons soit 5000 et quelques je crois, plus le logement. Engagement 4 ou 5 ans. Aux Pomotous, 5 f en plus par jour, mais la localité est invraisemblable ! Voyage d'aller et de retour par l'Amérique. Climat des plus sains. Vie oisive, béate. Je te la déconseille. Néanmoins ne serait-ce que comme pis-aller j'ai voulu t'indiquer ce débouché. Tu serais, sur une lettre du gouverneur à qui j'ai parlé de toi, pris haut la main et logé probablement à Raïatea, avec balades dans tout l'archipel de la Société. Si par hasard le projet t'intéressait, télégraphie-moi un mot à Nouméa (ACCEPTE par exemple) car je pars pour la Nouvelle Calédonie [.] ». A notre connaissance, Mignard n'accepta jamais la proposition de Segalen, malgré leur immense amitié : « Je te répète, écris-moi en total abandon. Tu m'as initié à ta notion spéciale de l'amitié. A toi de t'en servir, maintenant. » Une lettre de Segalen, envoyée depuis Nouméa le 3 mai 1903, nous apprend l'échec du projet : « Je devais t'avertir, mon bien cher Emile, des débouchés possibles. Je l'ai fait ; en te les déconseillant sous la forme de fonctions d'administrateur colonial. Je t'en dissuade d'autant plus maintenant que l'on m'apprend le rappel en France du Gouverneur de Tahiti. Avec lui sombrera sans doute son projet. Tu n'as pas à le regretter. » Belle lettre, témoignage du lien étroit qui unit Segalen à Mignard en dépit des milliers de kilomètres qui les séparèrent.
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